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Au Soudan du Sud, il commence à pleuvoir. Les pluies diluviennes sont parfois si drues que le sol n’est pas en mesure de les absorber. Presque du jour au lendemain, la terre sèche et fissurée disparaît sous de profonds marais.

C’est alors que commence la saison du paludisme. L’eau stagnante, la forte humidité et les températures élevées constituent des conditions idéales pour les moustiques porteurs du parasite du paludisme.

Jusqu’en 2015, des progrès significatifs avaient été réalisés en matière de réduction du nombre de cas de paludisme à travers le monde tout au long de la décennie précédente. Toutefois, au cours des trois dernières années de recensement, le fardeau de la maladie a atteint des niveaux inédits depuis 2011. En tant que membres de l’équipe de santé de Medair au Soudan du Sud, cela nous préoccupe profondément.

Voici les cinq raisons qui nous font dire que la communauté sanitaire mondiale et les pays touchés doivent poursuivre leur engagement en faveur de l’éradication du paludisme :

Un simple test sanguin peut confirmer la présence du paludisme (©Medair / Albert Gonzalez Farran)

1. Nous avons progressé, mais le problème reste immense

Alors que nous avons pu réduire la prévalence du paludisme au cours de la décennie précitée, le nombre de personnes touchées demeure impressionnant. En 2017, 219 millions de cas de paludisme ont provoqué la mort de 435 000 personnes[1]. Les pays les plus pauvres – les moins à même de mettre en œuvre des programmes de prévention et de traitement efficaces – paient le plus lourd tribut à la maladie. Rien qu’au Soudan du Sud, le paludisme représente les deux tiers de toutes les maladies signalées au cours de l’année.

2. Le paludisme a de graves répercussions sur les enfants

Bien que le paludisme puisse être traité et même évité, un enfant en meurt encore toutes les deux minutes. Les enfants représentent plus de la moitié des cas de décès liés au paludisme à travers le monde. Dans un pays comme le Soudan du Sud, où les soins de santé de bonne qualité, les agents sanitaires qualifiés et les médicaments essentiels sont rares, les enfants sont souvent incapables d’accéder au traitement dont ils ont besoin. Si l’on y ajoute les taux élevés de malnutrition, le système immunitaire des enfants est moins à même de faire face à l’impact du paludisme.

Un enfant soumis à un test de dépistage du paludisme dans une clinique de santé de Medair (©MAF / LuAnne Cadd)

3. Le paludisme menace la santé des femmes enceintes et celle de leur enfant à naître

Contracter le paludisme au cours de la grossesse expose la mère et le fœtus à de sérieux risques. Les fœtus exposés au paludisme sont souvent de faible poids à la naissance, tandis que les mères qui en sont atteintes présentent un risque plus élevé d’anémie maternelle ou de fausses couches et d’enfants mort-nés. Un médicament préventif administré en trois doses s’avère être une solution sûre et économique, mais seul un faible pourcentage de femmes reçoit le traitement[2]. Une fois encore, dans des endroits comme le Soudan du Sud, troisième pays le plus fragile au monde, selon le Fonds pour la paix[3], la plupart des femmes enceintes ne sont pas traitées, victimes d’un système de soins de santé incapable d’offrir un accès généralisé aux services.

4. Le paludisme touche les pays les plus pauvres

En 2017, le paludisme était présent dans 87 pays. Toutefois, l’impact de la maladie est démesuré dans les pays africains[4]. 90 % des cas et des décès sont enregistrés dans la région Afrique de l’OMS[5]. Le personnel médical est rare au Soudan du Sud, qui ne compte qu’un seul médecin qualifié pour 65 000 habitants, contre un ou plusieurs pour 330 habitants dans les pays développés.

5. Nous pouvons éradiquer le paludisme !

Nous disposons de méthodes éprouvées en matière de prévention et de traitement du paludisme et avions d’ailleurs réussi à en réduire le nombre de cas et de décès. Cependant, au cours des trois dernières années, les progrès ont stagné et le nombre de cas a même augmenté dans les pays les plus touchés.
Un bénévole de la communauté partage des informations sur la prévention du paludisme (©Medair / LuAnne Cadd)

Nous devons maintenir le paludisme à l’ordre du jour de la santé mondiale. Plus de 100 pays ont réussi à éradiquer le paludisme, mais au cours des dernières années, certains d’entre eux ont vu des cas réapparaître. Nous ne pouvons pas nous détourner de ce combat. Les populations qui vivent dans les pays les plus pauvres sont encore très touchées et ne doivent pas être oubliées.

Medair travaille dans de nombreux endroits reculés et dévastés par le paludisme. Au Soudan du Sud, nous traitons chaque année des milliers de personnes atteintes du paludisme, et les efforts de notre personnel et des bénévoles de la communauté évitent à des milliers d’autres de contracter la maladie. Nos groupes communautaires diffusent des messages pour inciter les populations à nettoyer l’eau stagnante autour des maisons, utiliser des moustiquaires et éviter l’exposition aux moustiques aux moments de la journée les plus à risque.

Là où les zones isolées n’ont pas accès aux services de santé, nous formons des volontaires et fournissons des médicaments pour traiter le paludisme, mais aussi la pneumonie et la diarrhée. Medair fournit des moustiquaires aux femmes enceintes dans nos cliniques et aux enfants inscrits à nos programmes de traitement de la malnutrition et de vaccination. Les femmes qui consultent pour des soins prénatals reçoivent des médicaments pour prévenir le paludisme, et l’équipe d’intervention d’urgence de Medair distribue des moustiquaires en même temps que des articles ménagers.

Tout au long de notre travail au Soudan du Sud, nous avons constaté que lorsque les gens reçoivent des moustiquaires, ils les utilisent. Les habitants ont hâte de savoir comment se prémunir, et protéger leur famille, contre la maladie et de disposer de moyens pour y parvenir. Nous sommes convaincus que maintenir la lutte contre le paludisme comme priorité mondiale produira des résultats durables et sauvera d’innombrables vies.


Le travail de Medair au Soudan du Sud est rendu possible grâce au soutien de l’UE – Protection civile et aide humanitaire, de l’Agence des États-Unis pour le développement international, d’UK Aid du Gouvernement du Royaume-Uni, de la Direction suisse du développement et de la coopération, et grâce à la générosité de nos donateurs privés.

 

[1] Faits essentiels sur le paludisme de l’Organisation mondiale de la santé, mars 2019

[2] Organisation mondiale de la santé, Rapport mondial sur le paludisme 2018

[3] Le Fonds pour la Paix, Classement des pays fragiles 2019

[4] Organisation mondiale de la santé, Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2019

[5] Organisation mondiale de la santé, Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2019